Une étudiante norvégienne s'est défenestrée à Nice, deux heures après avoir eu les résultats d'un test de personnalité utilisé par la secte. Une enquête judiciaire a été ouverte.
L'affaire bouleverse la Norvège. Le 28 mars dernier, Kaja Gunnat Ballo, une étudiante norvégienne et fille d'un parlementaire socialiste connu, se défenestre depuis le 3e étage de sa résidence, dans le centre de Nice. Dans sa chambre se trouve, près de la lettre d'adieu adressée à ses parents, les résultats d'un test de personnalité utilisé par l'Eglise de Scientologie. Test que Kaja serait allée faire décrypter par un adepte de la secte, trois heures avant de se donner la mort, relate Nice-Matin.
Peut-on alors établir un lien entre son geste désespéré et ce quiz de 200 questions, destiné à mieux connaître les traits de caractère d'une personne ? Pour faire la lumière sur cette affaire, une enquête judiciaire a été ouverte par le procureur Eric de Montgolfier et confiée au juge Launois. Jeudi, deux responsables niçois du mouvement fondé par Ron Hubbard ont été entendus jeudi par la police. L'une d'eux avait justement reçu Kaja, quelques heures avant sa mort.
«Elle n'était pas suicidaire»
Pour la famille de la défunte, la responsabilité de la Scientologie ne fait aucun doute : les résultats du test baptisé Oxford Capacity Analysis, ont eu des effets «dévastateurs» sur le moral de Kaja, car il lui donnait entre -100 et zéro d'évaluation sur sa sociabilité, son humeur, son dynamisme… Pire, il présentait Kaja comme une jeune fille au QI très limité», expliquent ses proches, dans Nice-Matin. Un portrait que réfutent ses proches.
«La veille de sa mort, nous parlions encore de notre avenir et je revois l'espoir qui brillait dans ses yeux», raconte sa meilleure amie. «Kaja avait certes eu des petits problèmes d'ordre psychologique à l'adolescence, concède son père Olav Gunnar Ballo, mais elle n'était pas suicidaire et était heureuse de vivre.»
Du côté de l'Eglise de Scientologie, pas question de relier le test au suicide. «Si Kaja nous avait raconté comment elle avait été internée à plusieurs reprises par ses propres parents, comment elle était prisonnière des antidépresseurs, personne à Nice ne lui aurait remis l'évaluation de son test», se défend Agnès Bron, porte-parole nationale de la Scientologie, interrogée par Nice-Matin. Pourquoi ? «Justement parce qu'il n'était pas bon. Pour noyer le poisson, nous avons même prétexté qu'en raison de sa mauvaise maîtrise du français, ses réponses étaient incompréhensibles», affirme la responsable.
Source :
http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/18/01001-20080418ARTFIG00407-la-scientologie-interrogee-apres-un-suicide-.php