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Par Pierre Thébault Reuters - Jeudi 28 février, 10h36
NICE (Reuters) - La campagne et le ton des échanges à Nice entre les deux principaux rivaux de droite, le maire sortant, Jacques Peyrat, ex-FN suspendu de l'UMP, et Christian Estrosi, se durcissent de jour en jour. (Publicité)
AprÚs avoir longtemps refusé toute référence à son principal adversaire dans l'optique des élections municipales, ne serait-ce que prononcer son nom, Christian Estrosi a sorti l'artillerie lourde.
"Hold-up budgétaire, champ de mines, prise d'otages, ville en ruine", le candidat UMP et secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer dénonce la maniÚre dont Jacques Peyrat, selon lui, est en train de solder son deuxiÚme mandat.
Il a nommĂ©ment accusĂ© le maire de pratiquer une sorte de politique de la terre brĂ»lĂ©e en multipliant les conseils municipaux dans lesquels les finances de la ville risquent d'ĂȘtre plombĂ©es pendant longtemps par des projets qu'il juge pharaoniques et dispendieux.
"Il fait voter les dettes qu'il va laisser", a prévenu Christian Estrosi. "Son successeur sera pieds et poings liés et dans l'impossibilité d'initier quoi que ce soit", estime-t-il.
"Si c'est moi, je ferai tout annuler devant le tribunal administratif", a-t-il promis.
Pratiquement sur le mĂȘme ton, Jacques Peyrat, qui n'appelle plus son adversaire que "le ministre-candidat", a rĂ©pondu dans la foulĂ©e Ă ces "Ăąneries".
"C'est minable et déloyal, ce sont des accusations stupéfiantes et contraires à la réalité", a-t-il dit. "Aucun financement n'a été proposé ou voté lors du dernier conseil municipal, pas un centime, ni sur le projet du grand stade ni sur celui de la nouvelle mairie".
Et Jacques Peyrat de renvoyer Christian Estrosi au temps du défunt Jacques Médecin, et des "bébés Médecin" dont il a fait partie, qui ont, plus que lui, "participé à la ruine financiÚre de la ville et qu'il a fallu réparer".
DĂ©cidĂ© Ă rendre coup pour coup, le maire sortant insiste sur la rĂ©cente affaire de l'avion affrĂ©tĂ© par Christian Estrosi pour 138.000 euros afin de lui permettre d'aller d'une rĂ©ception chez Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis avec retour sur Nice oĂč il fait campagne.
"Affaire lamentable et qui en dit long sur le personnage", a-t-il lùché.
LA GAUCHE SE PREND A RĂVER
Dans cette ambiance délétÚre, la gauche rappelle de son cÎté qu'en 2001 il ne lui avait manqué que 3.000 voix pour remporter la mairie de Nice.
Face Ă la division actuelle Ă droite, elle se prend Ă rĂȘver de la dĂ©crocher cette fois-ci.
Pour Patrick Allemand, tĂȘte de liste socialiste, "Estrosi-Peyrat, c'est du pareil au mĂȘme. L'un a longtemps soutenu et approuvĂ© les projets de l'autre avant de le lĂącher. Leur querelle aujourd'hui n'est qu'une manipulation".
S'il est Ă©lu, le candidat du PS dit vouloir rĂ©habiliter Ă Nice les mots "intĂ©gritĂ© et honnĂȘtetĂ©".
Il égrÚne la liste des affaires et des scandales qui ont ponctué les deux mandats de Jacques Peyrat, mettant en cause des membres de son équipe : pots-de-vin, tramway, grand stade, terrain Sulzer (du nom d'un terrain valant de l'or en bord de mer), clientélisme, petits arrangements en amis, etc.
Mais, si la droite monte au front municipal en ordre dispersé, la gauche niçoise n'est pas mieux lotie.
Face Ă Patrick Allemand, un autre socialiste, Patrick Mottard, fait dissidence.
Il revendique le droit Ă une primaire et annonce 10% de voix sur son nom au premier tour le 9 mars. Bulletins qu'il mettra, dit-il, Ă la disposition de Patrick Allemand le 16 pour faire battre Christian Estrosi et Jacques Peyrat.
Ce sera probablement insuffisant pour que la gauche termine en tĂȘte dans une ville de toute Ă©ternitĂ© gĂ©rĂ©e par la droite.
Huit listes se partageront les suffrages des Niçois : Jacques Peyrat (Entente républicaine), Christian Estrosi (UMP, Nice ensemble), Patrick Allemand (PS, Rassemblement de la gauche et des écologistes, liste Changer d'Úre), Patrick Mottard (Socialistes et démocrates, Nice autrement), Hervé Caël (Modem, Nice Arc-en-ciel), Bruno Dela Sudda (Altermondialistes, 100 % à gauche, 100 % écologistes), Lydia Schenardi (FN) et Philippe Vardon (Identitaires).
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