Sublime
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«Contemple, Giovanni, ton tragique et lumineux destin. L'acceptes-tu ?»
Qui est Luna, la belle sorcière aux cheveux de feu ? Quelle malédiction frappe le blessé retrouvé dans sa cabane des Abruzzes ? Qui sont les hommes masqués de noir acharnés à sa perte ? Quelles paroles terribles dissimule ce mystérieux parchemin qui ne doit surtout pas arriver jusqu'aux mains du pape ? Au coeur d'un XVIe siècle hanté par les querelles religieuses et philosophiques, le nouveau thriller historique de Frédéric Lenoir nous entraîne des palais aux prisons de Venise, du Mont Athos au bagne des corsaires d'Alger, de Jérusalem au ghetto de Chypre. Un grand roman d'amour et d'aventures où passion, mort, mystique chrétienne et soufie, astrologie et kabbale rythment la quête initiatique de Giovanni, le jeune paysan qui avait osé lever les yeux sur la fille des Doges.
Frédéric Lenoir est philosophe, historien des religions et romancier. Son premier roman, La Promesse de l'ange (co-écrit avec Violette Cabesos), couronné par le prix des Maisons de la presse, a connu un succès international.
* La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 9 novembre 2006
Le récit que Lenoir nourrissait intérieurement depuis quinze ans est probablement, à la manière des romans d'Hermann Hesse, une métaphore de son propre itinéraire spirituel et intellectuel. Plusieurs lecteurs ont déjà témoigné sur son site combien ils avaient été ébranlés. Un souffle tempétueux balaye ce roman, poussant le héros sur les sentiers accidentés de son destin. En tournant la dernière page, on est étourdi par la sagesse, l'intelligence, la science, la force, la piété même ! qui l'imprègnent, ces qualités que la tradition chrétienne compte parmi les sept dons que le Souffle de Dieu prodigue à ceux qu'Il inspire... Un roman humaniste et mystique, qui porte une espérance sans édulcorer le tragique de l'existence.
* Les premières lignes
LA PEUR se lisait sur le visage des villageois. Regroupés à quelques enjambées de la cabane, ils étaient figés, les yeux rivés sur la masure. Des gouttes de sueur perlaient sur les fronts ravinés. Puis le vieux Giorgio leva le poing et hurla : - Mort à la sorcière ! - Mort à la sorcière ! reprirent en choeur la vingtaine d'hommes et de femmes qui s'étaient hardiment engagés dans la forêt, déterminés à en finir avec la malédiction. Brandissant fourches et piques, ils se ruèrent vers la maison. La porte fut arrachée à la première poussée. Éclairée par un faible rayon de soleil, la pièce unique se livra à leurs regards en feu. Vide. - Elle a déguerpi, lâcha avec dépit la veuve Trapponi. - Y a pas bien longtemps, fit remarquer un jeune homme malingre, le nez penché sur la marmite suspendue au-dessus d'un lit de braises. Regardez, le foyer est allumé et l'eau bien chaude. - M'étonnerait pas qu'elle soit cachée dans les buissons alentour. Allons la débusquer, reprit le vieux Giorgio. Pendant deux bonnes heures les villageois fouillèrent les taillis et scrutèrent le sommet des arbres. En vain. - La bougresse a dû sentir quelque chose et abandonner sa tanière, marmonna le forgeron. Qu'elle aille faire ses diableries ailleurs ! . Puis il retourna dans la masure, souffla sur les braises et les répandit dans la cabane en bois. Aidé par un borgne, il brisa l'unique table pour alimenter les flammèches qui dansaient aux quatre coins de la pièce. Le borgne heurta un obstacle qui le fit trébucher. - Foutrebleu ! Un anneau ! Il y a une trappe sous la table ! hurla le paysan. Criant et gesticulant, hommes et femmes se rassemblèrent dans la pièce. Ils piétinèrent les flammes et se groupèrent autour de la trappe, fixant l'anneau comme s'il allait leur ouvrir les portes de l'enfer.
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